Comment décrypter les étiquettes alimentaires

Publié le par JEEP

 

A moins d’être un spécialiste, il est très difficile de savoir ce que contiennent les produits industriels. Je vous propose ici, en 1ère partie, quelques règles simples pour faciliter cette lecture et éliminer en un coup d’œil les produits les pires.  En 2ème partie, nous nous intéresserons aux produits BIO.

1ère partie,

L’étiquetage nutritionnel des produits industriels comprend les informations relatives au contenu en énergie et en nutriments. Généralement, elles sont indiquées pour 100 g (ou 100 ml) de produit, et parfois, en plus, par portion.

Les informations nutritionnelles obligatoires sont : la valeur énergétique (en kilocalories – kcal – et kilojoules – kJ), les quantités de graisses, d’acides gras saturés, de glucides, de sucres, de protéines, et de sel.

D'autres informations peuvent également être renseignées de manière volontaire, comme la teneur en vitamines et minéraux, ainsi que certaines allégations (« riche en fibres », « source de vitamine C », etc.)

 

Mais ces informations sont-elles vraiment pertinentes ?

Pas toujours, car à moins d’être un consommateur très averti, les quantités de macronutriments ne sont pas vraiment utiles. De plus, les informations présentées sont généralement incomplètes. Par exemple, la quantité d’acides gras saturés n’est pas pertinente car cette dernière recouvre un ensemble très hétérogène et Il serait plus intéressant de connaître le ratio oméga-6/oméga-3 d’un produit qui apporte une réelle information nutritionnelle..

L’intérêt est que ces informations obligent les industriels à plus de transparence, et notamment à mentionner si les graisses ont été totalement ou partiellement hydrogénées, puisque dans ce dernier cas, cela pourra générer des acide gras trans industriels très nocifs.

→ En conséquence, cet étiquetage reste donc nécessaire et primordial, même s’il ne suffira jamais à pouvoir juger de la qualité réelle d’un produit.

Dans la pratique, à moins d’être un professionnel averti, ce qui va pouvoir vous orienter à coup sûr de manière simple et indiscutable, ce ne sont ni l’étiquetage nutritionnel, ni les allégations santé, ni le contenu en vitamines ou minéraux, mais tout simplement, la liste des ingrédients  car rien qu’avec cette information, on peut en apprendre beaucoup !

 

https://www.nutriting.com/wp-content/uploads/2011/11/fleche.pngLA LISTE DES INGRÉDIENTS

Les ingrédients sont rangés par ordre décroissant d’importance, donc du plus au moins abondant. Cela permet de se faire rapidement une idée de la composition et de la qualité du produit.

 

Que regarder dans cette liste d’ingrédients ?

  1.  : La longueur de la liste : plus c’est court, mieux c’est !

Une longue liste d’ingrédients signe la présence de beaucoup d’additifs ou de processus industriels superflus.: On les trouve en fin de liste.

→ Même s’ils ne sont pas tous nocifs, et si certains sont aussi banals que de la vitamine C ou E ajoutées à des fins de conservation, il vaut toutefois bien mieux en rester au strict minimum ( par exemple : 3 au maximum)

                   2 : L’ordre des ingrédients : C’est ce qui fera toute la différence entre un produit de qualité et un autre.

Premier exemple :  Une célèbre pâte à tartiner aux noisettes. En lisant l’étiquette, on constate que la noisette est loin derrière dans la liste des ingrédients, alors que le sucre et l’huile végétale trônent en première position. En réalité, cette pâte est composée à 55% de sucre, à 23% d’huile végétale, et seulement à 14% de noisette : on est très loin du bon lait, des noisettes et du chocolat !

Deuxième exemple : dans votre  mousse au chocolat préparée maison, vous n’utilisez que deux ingrédients : des œufs et du bon chocolat !
Pourtant, il est devenu très difficile de trouver dans le commerce une mousse dont la liste d’ingrédients débute par ces matières premières, et là encore, la plupart du temps, nous avons des mousses dont l’ingrédient principal est le sucre, suivi de lait,

→ Au final, cette règle s’applique à tous les types de produits préparés, salés ou sucrés : vérifiez toujours que sont cités en premier les ingrédients auxquels vous vous attendiez, ceux qui vous viennent naturellement à l’esprit si vous deviez en faire une version maison.

                  3 : La nature et la qualité des ingrédients : quand elle est précisée, c’est le dernier renseignement important à regarder.

Si vous lisez « huiles végétales », vérifiez qu’il s’agisse d’huile d’olive ou de colza, et si ce n’est pas précisé, n’achetez pas ce produit car ce sera souvent de l'huile de palme ; s’il s’agit de chocolat, qu’il soit le plus noir possible ; si ce sont des oeufs, qu’ils soient frais et élevés en plein air, ou bio ; quand il y a de la viande, que cela soit 100% pur muscle et non une préparation bouchère, etc.

En clair, dans un produit bon marché, vous payerez surtout de l’eau, du sucre, des additifs… Alors que dans un produit de qualité, vous payerez pour des matières premières nobles.

→ Bref, n’oubliez pas qu’il n’y a pas de mystère : dans l’agroalimentaire, vous en aurez toujours pour votre argent, car on n’obtient pas des produits bon marché sans faire de concessions sur la qualité

Pour être vraiment un éco-consommateur averti (= un consom’acteur), comprendre les étiquettes est donc essentiel!. Pour faire simple, le plus important à regarder reste la liste des ingrédients, en gardant toujours en tête les trois critères essentiels que sont le nombrel’ordre et la qualité des ingrédients.

 

SYNTHESE

1 : Privilégier les listes d’ingrédients les plus courtes

2 : La liste doit contenir uniquement des ingrédients qu’on peut avoir dans son placard !

3 : Choisir une liste avec pas ou peu d’additifs (3 maxi)

4 : Pas ou peu de sucres ajoutés

 

Pour en savoir plus ; « le bon choix au super marché » ( Thierry Souccar éditions)

 

Mais, et dans le BIO alors ?

Les renseignements qui précèdent permettent déjà d’écarter avec certitude les produits les plus nocifs hors bio.

Mais qu’en est-il avec les produits BIO ?

En effet, on trouve de plus en plus de produits industriels BIO un peu partout, dans les grandes surfaces généralistes ( Carrefour, Auchan, Super U…) ou dans les magasins des réseaux spécialisés ( biocoop par exemple)).

Trouve-t-on les mêmes produits et se valent ils ? 

Y a-t-il des « bio » différents.

Tout d’abord, rappelons que « BIO » signifie que cet aliment provient d’une culture ou d’un élevage répondant à un certain cahier des charges très précis et respectant donc mieux la terre ou l’animal. De ce seul fait, cet aliment (végétal ou animal) sera supérieur tant sur les plans nutritionnel, qu’éthique ou écologique.

→L'étiquetage des produits biologiques permet d'assurer au consommateur que le produit respecte les règles de la production et de la transformation biologiques.

Mais la spécificité du mode de production biologique exige également le respect des mentions spécifiques minimum suivantes :

  • La mention "biologique" ou "bio",
  • Le numéro d’agrément de l’organisme certificateur.

 

Les logos bio (européen et AB) indiquent que les produits sont 100% bio ou contiennent au moins 95% de produits agricoles bio dans le cas des produits transformés, si la part restante n’est pas disponible en bio et est expressément autorisée.

 

Mais, le BIO ( notamment industriel) n’échappe bien évidemment pas à l’emprise du système financier libéral qui veut produire des produits au moindre coût, même si cela se traduit par une moindre qualité, voire même parfois, des produits douteux ( huile de palme, certains additifs de synthèse)

Là encore, le consommateur devra faire preuve de vigilance s’il ne veut pas acheter au prix fort un produit ne répondant pas vraiment à ces attentes.

Par exemple : dans les paquets de gâteaux bio des magasins spécialisés en BIO ( réseau biocoop par exemple), Les ingrédients et les arômes seront, sauf exception, BIO et cela sera clairement indiqué.

Dans les grandes surfaces généralistes, on trouvera des produits similaires, souvent beaucoup moins chers, mais, en y regardant de plus près, on se rend compte que, certes les ingrédients sont BIO ( il n’y a pas de tromperie) MAIS les arômes naturels sont de nature à tromper le consommateur car « naturel » ne signifie pas « bio ». Ces arômes naturels sont des arômes de synthèse, certes autorisés, mais qui ouvre potentiellement la porte à bien des abus.        Surtout quand on sait que les super marchés sont plus occupés par la rentabilité que la qualité

Sans vouloir faire de la pub pour les magasins spécialisés bio , ils distribuent  des produits qui, pour la plupart, sont de bien meilleure qualité que ceux de la grande distribution.

Autre exemple : La célèbre pâte à tartiner aux noisettes (14% de noisettes mais beaucoup de gras et de sucre !) qui n’est certes pas bio ( il y a cependant des équivalents BIO en grande surface dont certains ne valent guère mieux !!!) a un « concurrent » bio, dans les réseaux spécialisés, qui contient 40% de noisettes et aucun ingrédient contestable ou douteux ajouté. Le goût et le prix de ces différents produits ne peuvent se comparer.

 

Le diable se cache souvent dans les détails. Un produit industriel BIO restera toujours un produit BIO. Mais, comme dans le conventionnel, vérifiez la qualité et la quantité des matières premières utilisées et l’éventuelle présence d’arômes ou additifs, certes autorisés, mais discutables pour certains.

Comme pour le conventionnel, un produit industriel BIO bon marché peut orienter vers un produit de piètre qualité.

Comme pour le conventionnel, tous les produits BIO industriels ne se valent donc pas et ce n’est pas un problème en soi mais il faut le savoir.

C’est d’ailleurs pour ces raisons que l’alimentation industrielle devrait rester une alimentation de dépannage.

L’alimentation santé doit reposer sur un maximum d’aliments frais, en tenant compte des circuits courts et de la saisonnalité.

L’alimentation industrielle n’est pas à rejeter mais il faut la considérer comme complémentaire.

Dans le cas contraire, il faudra accepter d’y mettre le prix ! et être très vigilant sur les étiquettes !!

 

Jean-Pierre CINIER

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