Peut-on consommer du soja sans risque ?

Publié le par JEEP

Peut-on consommer du soja sans risque ?

S’il est un aliment qui fait couler beaucoup d’encre, c’est bien celui-là !

Je vous propose donc quelques éléments de réflexions et peut être aussi, quelques réponses.

Comme toutes les légumineuses ( lentilles, haricots secs….), le soja exerce une action favorable sur le transit intestinal ( grâce aux fibres) ; c’est aussi un régulateur de la glycémie et peut donc être recommandé aux diabétiques. Il est reconnu pour faire baisser le taux du « mauvais » cholestérol et, selon certaines études, il empêcherait la formation de calculs dans la vésicule biliaire et pourrait même, dans 1/3 des cas, résorber ceux qui existent déjà.

Le soja pourrait donc apparaitre comme un super aliment mais ce serait oublier qu’il contient également de nombreux facteurs toxiques ( plus ou moins comme toutes les légumineuses..)

Le naturopathe Robert MASSON en retient 5 principaux :

· Facteur d’agrégabilité plaquettaire

· Facteur anti-thyroïdien (également facteur anti croissance)

· Facteur anti-trypsinogène, toxique pour le pancréas (également facteur anti croissance)

· Grande richesse en acide phytique inhibant l’assimilation minérale

· Action stéatogène ( dépôt de gras) au niveau du foie

Ces facteurs négatifs – concernant plus ou moins toutes les légumineuses- ne posent vraiment problème qu’en cas de consommation excessive et donc d’une alimentation par trop déséquilibrée : qui aurait d’ailleurs l’idée de consommer des lentilles ou des haricots secs à tous les repas ?

Cependant, le soja est le plus souvent attaqué sur sa richesse supposée en phyto-hormones…. Et c’est ce qui inquiète généralement le plus les clients… ou plutôt, les clientes !

 

On dit que le soja contient des oestrogènes : c’est vrai et c’est faux !

Il contient des isoflavones qui sont des polyphénols ( anti-oxydants entre autres). La plupart des polyphénols ont une activité dite « phyto-oestrogénique », c’est-à-dire que ce sont des composants d’origine végétale ( = phyto) qui se comportent « comme » des oestrogènes.

Ils se comportent « comme » mais ne « sont pas » directement des oestrogènes, Et d’ailleurs, les isoflavones sont désormais considérées par la communauté scientifique comme des « phyto-SERMs », c’est-à-dire des modulateurs hormonaux. Les adversaires du soja occultent en outre que le principal contributeur à l’exposition oestrogénique est -et de très loin- endogène, c’est-à-dire attribuable à nos propres oestrogènes, que régulent précisément (et par définition), les phyto-SERMs.

En d’autres termes, si vous ne consommez pas de phyto-SERMs ( = modulateurs hormonaux), vous vous exposez de plein fouet aux effets prolifératifs des oestrogènes endogènes, et donc au risque de cancers hormonaux-dépendants ( sein, ovaire, prostate…).

Enfin, rappelons que consommer des phyto-SERMs réduit l’exposition globale de l’organisme aux oestrogènes en réduisant la synthèse des oestrogènes endogènes, mais ne produit jamais d’effet cumulatif ( en situation normale).

Pour en finir avec certaines accusations contre le soja, les nombreuses études indépendantes confirment sans équivoque les effets protecteurs du soja par rapport à certains cancers ainsi que le fait qu’il contribue à retarder les pubertés de plus en plus précoce chez les jeunes filles et non l’inverse, comme le prétendent les adversaires du soja, pour la plupart liés aux lobbies du lait.

 

On dit que le soja contribue à faire baisser un taux excessif de cholestérol : c’est vrai !

Le soja est riche en phyto-stérols contribuant à faire baisser le cholestérol. Les phyto-stérols sont des composés végétaux hypocholestérolémiants. Les effets des phyto-oestrogènes vis-à-vis des oestrogènes endogènes sont comparables à ceux des phyto-stérols vis-à-vis de notre propre

cholestérol.

Les phyto-oetrogènes réduisent l’effet oestrogénique en entrant en compétition avec nos propres oestrogènes, alors que les phyo-stérols réduisent le cholestérol excédentaire en empêchant son absorption intestinale par un mécanisme de compétition.

En conclusion : assimiler les phyto-oestrogènes à des oestrogènes est aussi peu pertinent que de comparer les phyto-stérols à du cholestérol !

Note 1 : J’en profite d’ailleurs pour rappeler que le cholestérol n’est pas un ennemi mais c’est un autre dossier et nous aurons l’occasion d’y revenir…

Note 2 : Le soja peut se révéler un allergène redoutable mais il faut savoir que les graines de soja cru sont les plus allergisantes, alors que les produits fermentés tels le miso, le tempeh ou le tamari le sont faiblement. Savoir également que c’est le soja transgénique qui est le plus redoutable ( en 1998, année de sa commercialisation, les allergies au soja ont augmenté de plus de 50%)

Note 3 : Ne pas confondre le soja en tant qu’aliment avec les médicaments ou certain compléments alimentaires à base de molécules actives extraites du soja ! L’aliment représente un TOTUM complexe et subtil tandis que le médicament ou le complément alimentaire sont des EXTRAITS STANDARDISES d’une ou plusieurs MOLECULES ACTIVES parfaitement dosées en fonction d’un objectif thérapeutique précis. Si le soja « aliment » ne pose pas de problème sous réserve de consommation raisonnable et dans le cadre d’un bon équilibre alimentaire, ce n’est pas le cas du soja ( ou plutôt des molécules) sous forme de « complément alimentaire » ou « médicament » qui ne conviennent pas à tout le monde et nécessite l’avis d’un professionnel compétent.

Note 4 : Par précaution, ne consommer que du soja BIO et préférer le soja cuit ou fermenté en

consommation courante….Et se souvenir qu’aucun aliment n’est ni » tout bon », ni « tout mauvais » s’il est consommé avec bon sens et qu’l s’inscrit dans une démarche d’ équilibre alimentaire globale.

Note 5 : les intolérants aux produits laitiers resteront toutefois vigilants car 1/3 des intolérants au lait de vache le seraient ( ?) également au soja…

En guise de conclusion : le soja est un aliment appartenant à la famille des légumineuses, et comme tout aliment, il doit se consommer d’une façon raisonnable en s’inscrivant dans une démarche d’équilibre alimentaire. Je rappelle souvent la mésaventure de ce végétarien anglais, décédé des suites d’une cirrhose après avoir bu -pendant des années- plusieurs litres par jour de jus de carotte ! Qui oserait « diaboliser » le jus de carottes ?

En tant que légumineuse, le soja ne peut en aucune façon représenter la base de notre alimentation et, si on ne l’apprécie pas, aucun problème, on peut se passer de soja comme on peut se passer des produits laitiers ou de la viande… SI notre alimentation reste suffisamment diversifiée et équilibrée et SI on tient compte de son terrain individuel !

Mais, si on apprécie le soja, pourquoi s’en priver ?

Vous pourrez -en toute sécurité- consommer du soja sous des formes variées ( c’est d’ailleurs un avantage du soja que de pouvoir être consommé sous autant de formes différentes) mais avec toujours à l’esprit les « mots clés » suivants : bon sens, équilibre alimentaire, variété….

Pensons à la mésaventure de ce végétarien anglais !

 

NUTRITION ET MENOPAUSE

Il faudra veiller à couvrir parfaitement les besoins en aliments ci-dessous ( graisses insaturées, anti-oxydants, fibres… et « phyto-hormones » ou plutôt « phyto-SERMs » !)

· Alimentation riche en acides gras poly-insaturés dont les fameux oméga-3: En cas de supplémentation, prendre de l’huile d’onagre car elle aide à la fabrication de progestérone

· Alimentation riche en anti-oxydants divers: donc de la couleur, suffisamment variée et végétale

· Alimentation riche en fibres: donc suffisamment végétale dont les céréales peu raffinées

· Alimentation riche en phyto-hormones variées : soja, pois chiches, thé vert mais

aussi céréales comme le riz, blé, orge, seigle, lin, avoine… les fruits comme les pamplemousses, poires, pommes, cerises, prunes, fraises, oranges… les légumes comme les concombres, les tomates… les légumineuses comme les lentilles, pois chiches, pois cassés, haricots secs, flageolets, ail… là encore, on peut mesurer à quel point une alimentation suffisamment variée, riche sur le plan nutritionnel et faisant une large part aux végétaux sous toutes les formes devient, pour citer Jean ROSTAND, une «véritable ordonnance» en apportant à doses homéopathiques tout ce dont la femme a besoin pour cette période de la vie.

On considère qu’une femme a besoin d’environ un mg de phytohormones par jour et par kg de poids corporel (60kg = 60 mg de phytohormones) qu‘elle trouvera facilement en mangeant d’une façon variée des aliments à forte orientation végétale.

Ne pas dépasser ce seuil si prise de phytohormones sous forme de compléments alimentaires. Savoir que la cuisson n’altère que très peu les phytohormones (à partir de 200°): donc, la cuisson à la vapeur douce ou à l’étouffée, voire méthode WOK sont idéales.

Mais l’alimentation ne sera efficace que si la flore bactérienne est bien équilibrée, d’où l'importance de redresser tout terrain hépato-gastro-intestinal défectueux !

Comme le rééquilibrage nutritionnel demande en principe environ 6 mois avant d’en ressentir une réelle efficacité dans la durée, c’est pour cette raison, qu’une supplémentation peut s’avérer très utile mais il faudra demander conseil à votre praticien de santé.

A titre d’exemple, Le professeur JOYEUX informe que les phytohormones apportées à doses homéopathiques par l’alimentation sont totalement sans danger, ce qui n’est pas le cas des hormones, y compris dites naturelles apportées sous forme de compléments alimentaires, notamment en cas d’antécédents de cancers hormonaux dépendants (ne jamais se supplémenter hors avis d’un praticien compétent).

Pour une prise en charge efficace de votre ménopause, suivez donc ces quelques conseils nutritionnels et, si nécessaire, consultez votre praticien de santé pour une supplémentation sans risque ( homéopathie, phytothérapie, aromathérapie, gemmothérapie… ou compléments alimentaires, crèmes…les réponses ne manquent pas et elles sont toutes efficaces sous réserve de bien vous correspondre)

« On est toujours étonné de constater à quel point l'état de nombreux patients, atteints d'affections chroniques, s'améliore du simple fait du rétablissement de la fonction intestinale » (docteurs INDERST, RANSBERGER et MAEHDER)

 

Jean-Pierre CINIER

 

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