Le bio est il meilleur pour la santé

Publié le par JEEP

La question est légitime et revient fréquemment. D'autant plus que certains médias mettent régulièrement en avant les pollutions de certains aliments bio. Ce qui est également une réalité.

Rappelons donc que le « bio » c'est avant tout un mode de culture et d'élevage qui respecte mieux la terre et les animaux et que cela ne signifie pas absence totale de polluants même si cette démarche plus respectueuse se traduit, dans les faits, par un moindre impact des polluants divers.

Comme toujours, la seule solution est d'envisager la question sous un angle global.

Alors OUI, soyons clair, le « bio » est généralement meilleur mais manger « bio » n'a de sens que si on en profite pour modifier son alimentation : ainsi, plus que l'aliment pris isolément, ce sont nos habitudes de vie et d'alimentation qui sont à prendre en compte d'une façon globale et cohérente dans une véritable démarche santé.

Que vous mangiez déjà bio ou que vous vous posiez des questions, j'espère que les lignes qui suivent vous conforteront dans votre démarche ou vous donneront des éléments de réponses. N'hésitez pas à réagir et me faire part de vos interrogations, certitudes....

 

Pourquoi les produits BIO sont ils supérieurs?

Sur le plan purement nutritionnel :

La majorité des études comparatives entre produits bio et conventionnels porte sur les teneurs en

nutriments et la supériorité du bio est incontestable pour un certain nombre d’entre eux :

* Vitamine C pour les légumes et certains fruits ;

* Matière sèche pour les légumes feuilles et les pommes de terre;

* Fer et magnésium pour certains légumes;

* Qualité des protéines pour les céréales;

* Oméga 3 pour la viande et les produits laitiers.

Pour les autres nutriments, les résultats sont plus variables, même s’ils sont assez souvent en faveur

du bio. Mais l’essentiel de la supériorité des produits bio tient à d’autres causes.

 

Plus de polyphénols : ils nous protègent contre certains cancers et maladies cardiovasculaires.

Or, si pour les minéraux et les vitamines, la différence entre les teneurs des produits bio et celles des

produits conventionnels est rarement considérable, il en va autrement des polyphénols. Dans la

majorité des études comparatives, les produits bio en contiennent nettement plus. Lorsqu’on sait

que les plantes synthétisent ces constituants pour se défendre contre leurs ennemis (insectes,

champignons) ou réagir à un stress, on comprend que les plantes bio en fabriquent plus que les

conventionnelles, déjà protégées contre leurs ennemis naturels par des pesticides.

 

D'avantage d’oméga 3 : la teneur en oméga 3 des aliments varie selon la manière dont les

animaux ont été nourris. Elle est plus élevée lorsqu’ils sont nourris à l’herbe, comme le plus

souvent dans les élevages bio, qu’avec une alimentation à base de céréales, comme dans la plupart

des élevages intensifs. Par exemple, le lait bio contient en moyenne 2 fois plus d'oméga-3 que le lait

conventionnel... tandis qu'un oeuf BIO en contient de 3 à 6 fois plus et si l'équilibre entre les

oméga-3 et 6 est correct dans l'oeuf bio ( environ 1 pour 5 ) il est désastreux dans les autres

( supérieur à 1 pour 15 )...rendant cet aliment pro-inflammatoire!

 

D’autres avantages nutritionnels : Pour de nombreux nutriments, la supériorité du bio par rapport au conventionnel tient aussi à d’autres facteurs que les techniques culturales proprement dites ...

*Le choix des variétés : par exemple, en conventionnel, la pomme Golden reste de loin la

variété dominante, puisqu’elle représente environ 40 % du marché. Or, c’est une des plus pauvres en vitamine C : elle en contient en moyenne 8 mg pour 100 g contre 20 à 30 mg pour certaines variétés anciennes (par ex: Reinettes ou Calville blanc) nettement plus courantes en bio. On trouve certes des Golden en bio, mais elles sont bien moins cultivées et consommées qu’en conventionnel.

*La possibilité de consommer la peau des fruits et légumes : en bio leur épluchage est

souvent inutile, alors qu’il est recommandé en conventionnel, pour éliminer une partie des résidus

de pesticides qu’ils peuvent contenir. Or, la peau des fruits et la partie externe des légumes sont

toujours plus riches en vit, polyphénols et fibres que l’intérieur (la peau des pommes contient 4 à 6

fois plus de vit C que la pulpe, les feuilles externes des salades sont plus riches en vitamines que le coeur.)

*La consommation de produits complets : les céréales bio peuvent être consommés pas ou

peu raffiné, car ils ne risquent pas de contenir des pesticides, qui se concentrent dans les parties

externes du grain. Or, l’essentiel de la richesse nutritionnelle des céréales (minéraux, vitamines,

polyphénols, fibres) se trouve dans ces parties. Les enveloppes et le germe du grain de blé

contiennent 15 à 18 fois plus de polyphénols que l’intérieur du grain, qui donne la farine blanche.

 

Moins de nitrates dans les produits bio : Contrairement aux pesticides, les nitrates sont des

substances naturelles indispensables à la croissance des plantes, puisque c’est sous cette forme

qu’elles absorbent la plus grande partie de l’azote dont elles ont besoin. Le problème, c’est lorsque

les teneurs en nitrates sont excessives. Elles peuvent être extrêmement élevées dans certains

légumes comme les salades et les épinards. Des tests faits en hiver 2003 ont montré qu’un

échantillon d’épinard sur quatre dépassait la limite légale de 3 000 mg de nitrates par kilo. Pour les

laitues d’hiver, un échantillon sur douze contenait plus de 4 000 mg de nitrates par kilo. Ces chiffres

sont énormes lorsqu’on les compare à la teneur en nitrates de l’eau : cette dernière est considérée

comme non potable lorsqu’elle contient plus de 50 mg de nitrates par litre. Autrement dit, une

portion de 200 g d’épinards à plus de 3000 mg/kg de nitrates apporte autant de ces constituants

indésirables que 6 litres d’eau à la limite de la potabilité !

La majorité des études comparatives montre que le bio contient moins de nitrates que le

conventionnel, ce qui est normal car la teneur en nitrates augmente avec les apports d’engrais

azotés. Mais la saison joue également un rôle important. Pour transformer les nitrates en protéines,

les plantes ont besoin de lumière. En culture hivernale sous serre, la quantité de lumière n’est pas

suffisante, et les nitrates s’accumulent dans la plante, qu’elle soit cultivée bio ou conventionnel.

Le résultat est que les laitues bio sous serre contiennent souvent trop de nitrates, et que, dans ce cas, les différences avec le conventionnel sont plus faibles qu’en production de pleine terre. Une raison  de plus pour privilégier des produits de saison !

 

Résidus de pesticides : l’écrasante supériorité du bio

En moyenne, 50 % des produits conventionnels d’origine végétale contiennent un ou plusieurs

pesticides. Il peut arriver que l’on trouve un résidu de pesticide dans un produit bio, mais c’est plus

rare (3 à 5 % des échantillons), et les quantités trouvées sont en principe très faibles. Elles proviennent presque toujours soit de la contamination générale de l’environnement (air, eau, sol) soit d’un traitement effectué par un voisin. Le résultat est que l’organisme des consommateurs bio est

beaucoup moins « imprégné » de résidus de pesticides que celui des consommateurs de produits

conventionnels... comme le démontre cette étude américaine : deux groupes d’enfants d’âge

semblable ont été comparés, mangeant les uns bio, les autres conventionnel. Les enfants « bio »

avaient dans leur urine neuf fois moins de résidus d’insecticides que ceux nourris en conventionnel.

 

Résidus de pesticides, quel impact sur notre santé ?

L’impact sur la santé des résidus trouvés dans les produits de l’agriculture conventionnelle reste

controversé. Certains toxicologues pensent qu’il est négligeable. Une affirmation qui repose sur une

conception dépassée de la toxicologie. La toxicité des pesticides est en effet jugée molécule par

molécule, sans tenir compte de l’« effet cocktail », c’est-à-dire du fait que nous absorbons

quotidiennement des dizaines de substances chimiques, dont un certain nombre de pesticides.

De plus, le foetus est sensible à des doses considérablement inférieures à celles qui sont sans effet

sur l’adulte. Parmi les effets des pesticides sur la santé, notamment à travers la pollution du foetus,

on peut citer :

*Un impact sur la fertilité, se traduisant par une diminution du nombre de spermatozoïdes, et

probablement par l’augmentation des anomalies à la naissance...

*Un impact sur les défenses immunitaires pouvant se traduire par une augmentation de la

fréquence des maladies infectieuses (otites, varicelle, etc.) chez l’enfant.

*Un impact sur le comportement et le développement psychomoteur. À titre d’exemple, des

chercheurs américains ont mis en évidence une corrélation entre l’exposition du foetus aux

insecticides organophosphorés et la manifestation de réflexes anormaux chez les nouveaux-nés.

La synergie entre pesticides et nitrates a fait l’objet d’une étude particulièrement intéressante. Des

souris ont été exposées à deux pesticides (aldicarbe et atrazine) et à des nitrates. Alors que

l’exposition à chacun de ces polluants séparément avait peu d’effet, l’exposition simultanée, même

à des doses très faibles, s’est traduite par des effets négatifs sur la thyroïde, par une tendance à la

prise de poids et par une augmentation de l’agressivité. Sources : limpatient.wordpress.com

 

En guise de conclusion :

Manger « bio » n'est pas une mode pour « bobos » citadins.

Manger « bio » est une dynamique «éco-citoyenne» s'inscrivant dans une démarche responsable et donc éthique.

Manger «bio» n'a de sens que si on situe l'alimentation dans une approche globale dans laquelle

  • les habitudes de vie et d'alimentation sont plus importantes que l'aliment pris isolément

  • l'homme vit en bonne intelligence avec le monde qui l'entoure ( nature, animaux...)

« Traitez la terre, la nature et les animaux comme il se doit; elle ne vous a pas été donné par vos parents, elle vous a été prêté par vos enfants. » (selon un vieux proverbe indien).

 

Jean-Pierre CINIER

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